Impacts sociologiques et culturels de l’exode rural - (2/2)

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smoggy saltlake city

Dans ce contexte d’urbanisation croissante de la planète, quels pourraient être les impacts culturels, psychologiques, et de style de vie d’une telle transition ? . La vie des villes, c’est tellement différent de celle des champs ! Voici ci-dessous quelques unes de mes hypothèses… la nature de ce billet évoluera… n’hésitez pas à rajouter vos remarques, avis & suggestions (si votre apport est pertinent - je le cite dans ce billet, avec un lien vers votre blog).

  • Incidence sur le rapport avec la nature.
    Un éloignement clair s’opère avec la nature sauvage (pour le campagnard également, dépendant du contexte économique), puisque celle-ci a été complètement taillée aux besoins de l’homme - les zones mystères font partie des comptes pour enfant, le “danger” n’est plus. Les loups peu à peu deviennent synonymes de Baden Powell, et les tigres du Bangladesh deviennent attraction touristique. Néanmoins sur les gens de la campagne, de par sa plus grande présence, la nature influence toujours le rythme de vie des gens. les saisons, le climat, les animaux. La météo régit les moissons, l’économie, la vie.A la ville, la nature n’a aucune importance, tous les jours à 7.30, on se lève, on va au boulot qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il fasse jour, ou qu’il fasse nuit - l’éclairage public est là pour étirer les journées. Le week-end, on va faire ses courses - il y a toujours à manger - il suffit d’acheter. D’un autre côté, du fait de cet éloignement de la nature, du fait de cette impression “il y aura toujours de la nourriture”, le citadin n’a plus aucune notion de la rareté des matières premières et des réalités naturelles : le poisson, l’eau, il y en aura toujours (et le robinet!!?) - du boeuf, c’est avant tout un morceau de viande rouge plastifié, l’animal vivant ça pue, et on n’en voit qu’à la tv.
  • “Evolution” des interactions humaines et de la structure familiale.
    A la campagne, tout le monde se connaît, comme les habitants vivent éloignés les uns des autres, les communications sont plus rares, les occasions étant plus rares ; On se dit bonjour quand on se croise, et même si on regarde la propriété de l’autre avec envie, on reste solidaire par rapport aux affres potentielles de la nature. La structure familiale reste en général très unie - plusieurs générations vivent sous un même toit… la communauté vit et travaille ensemble… 7 jours sur 7.L’interaction entre les citadins est ici différente, on connaît ses voisins, non par pour des raisons de protection, mais surtout pour s’assurer de la meilleure cohabition dans cet espace limité (pas la musique trop forte, les poubelles à mettre dehors, fermer la porte à clé après 11 heures etc.). La cellule familiale s’éclate - ainsi, il devient rare d’avoir plusieurs générations sous un même toit - la nature même du travail, un rassemblement de compétences et de profils standardisés, nie les possibilités de travail en famille, ce qui initie une séparation entre vie privée, publique et professionelle.
  • Développement d’”émulation“.
    Plus il y a une concentration, plus la concurrence est forte, plus il faut se battre, plus la créativité peut se développer. La créativité s’est rarement développée au sein des campagnes, étant donné l’uniformisation d’un certain mode de pensée, d’un esprit compétitif plutôt confiné sur des plans très spécifiques, et également peut-être l’absence d’interaction (on se méfie de ce que fait le fermier voisin, on garde de bonnes relations, mais on se méfie quand même)… bref, les nouvelles idées, c’est plus difficile.Il y a toujours des exceptions… mais dans les villes, de par la variété des profils, on peut élaborer et mettre en place des projets plus complexes (c’est sans compter évidement Internet qui a une incidence à long terme).Il est intéressant de noter que certaines villes de taille égale réussissent à développer un foisonnement d’idées plus prolifique que d’autres. Mon explication serait que celles qui ne réussissent pas, sont du fait d’une cohabition de multiples villages, de communautés fermées, et ne donnent dés lors pas toujours cet effet escompté d’émulation - les échanges étant plus limités.
  • rapidité, efficacité.
    Du fait de cette concentration, tout est plus proche, tout peut se faire plus rapidement. Il n’est plus nécéssaire de faire 3 jours pour se rendre au dispensaire en cas de maladie. Les magasins se trouvent à 5 min. à pied. Le rythme s’accélère.De manière anecdotique, ces distances peuvent parfois être aussi longues qu’à la campagne : je me souviendrai toujours des embouteillages à Jakarta - mon chauffeur savait qu’il fallait 30 minutes pour faire 3 km, et ce à n’importe quelle période de la journée. Tout dépendra en effet de la qualité de l’organisation de cette ville.
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