Amendes à Téhéran… responsabilité des médias français ?
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Journal de 20 heures sur France2, 17 secondes sur une évolution (merci d’éviter les commentaires : “tous des extrémistes”, “je vous l’avais bien dit”, “ça va nous péter à la gueule”) d’un article (Iraniens, tous des extrémistes ?) posté suite à un reportage sur TF1 fin février.
Les femmes aux foulards colorés qui laissaient flotter quelques cheveux et découvrir leurs mains, recevraient maintenant des amendes de la part de cette “police de la vertu”. Evolution qui me laisse dubidatif : est-ce que cette émission sur TF1 aurait eu une incidence sur cette évolution ?
Si oui, cela démontrerait que les médias ont une responsabilité pas uniquement limitée à leurs populations locales, à laquelles leurs contenus sont généralement destinés. Ce 4ème pouvoir local, émettant vers sa population locale (TF1, ce n’est pas la BBC, ni CNN ou Al-jazeera), quelque peu indifférente à la situation iranienne (c’est loin), aurait une influence internationale…
Tout comme les sites Internet belges qui pouvaient publier les résultats des élections présidentielles françaises une heure à l’avance (des doutes sérieux plannent sur des “hackeurs de l’Elysée” qui auraient empêché ces sites de fonctionner) - contenu dirigé vers la population belge, mais accessible par les internautes en France.
Tout comme le Printemps de Prague en 68, où des journalistes étrangers couvrirent cet événement et donc prirent des photos de ces manifestants tchècoslovaques - photos publiées qui furent ré-utilisées par les Soviets pour identifier et arrêter ces ennemis du peuple.
Loin de moi l’idée de “juger” les mécanismes de notre démocratie - la diversité des médias, heureusement qu’elle est là . Néanmoins que cette diversité n’oublie pas sa responsabilité morale et les conséquences qui y sont liées. La liberté d’expression, oui. La responsabilité d’expression, oui aussi. En tant que bloggueur, je devrais également garder cela en tête (même si c’est évidemment à moindre échelle).
Il est intéressant de constater que cette globalisation médiatique se passe également dans l’autre sens : la situation dans un pays “monopartite” peut clairement influer sur la situation de ce pays “multipartite”. Une famine, une guerre, peut émouvoir toute une population qui agira en conséquence.
Il peut également y avoir un effet pro-actif de ce pays monopartite, en cas de guerre surtout. Le nerf de la guerre pour ces derniers est l’argent. Pour nos démocraties locales, le nerf de la guerre est l’approbation de notre opinion publique.
Les USA ont perdu la guerre du Vietnam, non pas parce que les nord-vietnamiens étaient militairement supérieurs, mais parce que l’opinion américaine ne pouvait plus supporter cet import incessant de cercueils. Ce même phénomène risque de se passer avec la situation irakienne d’aujourd’hui, et la raison fortement probable d’une absence de guerre avec l’Iran.
Néanmoins, un effet Playboy semblable au phénomène indonésien pourrait certainement avoir plus d’effet qu’un “Scud” ou “Tomahawk”… C’est une arme qui est en effet particulièrement efficace.

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