Festival du court-métrage de Bruxelles. critiques…
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Court-métrage ; métrage qui est court ; histoire de courte durée, épisode isolé d’une vie imaginaire - généralement synonyme d’une atmosphère dépressive et/ou d’un humour plat. En effet, soit ces films relatent de boissons, de solitude, d’histoire familliale scabreuse, de passé lourd et indigeste, “tire-toi une balle dans la tête” ; soit la chute lourde classique digne d’un délire série B, “private joke”, milieu où les individualités s’entrebouffent, à des années lumière de la normalité. Marginal, oui, mais populaire au premier degré ne justifiant pas le court moment d’attention qu’il requiert.
On peut parfois tomber sur quelques perles néanmoins… et puis de toute façon ça changera toujours du blockbuster hollywoodien prémâché structuré selon la trame classique : citoyen (extra)ordinaire, victime d’une injustice, qui va se venger, avec souvent une violence justifiée (heureusement que la NRA est là).
“the Frenchman and the cowboy” ; David Lynch. Délire personnel que certains ont trouvé drôle, mais que j’ai juste trouvé fantasque (point positif). 5/10. Le côté fantasque m’a plu - la signature Lynch peut-être. Apparemment, ce film fait partie d’un film collectif organisé par le Figaro ” les français vus par…” Dans ce cadre, je comprends un peu mieux la trame et la raison du film… (pour un billet légèrement en rapport ;l’Europe vue par les français).
“je t’aim” ; Guillaume Canet. Univers difficile à imposer en un laps de temps aussi court. Ambiance dépressive, dérangeante, au message pas super clair. Dans le genre peut être considéré comme bon, mais moi, j’ai pas aimé. Acteur de merd.
“Les 3 inventeurs” ; Michel Ocelot. Univers très original, très français, très dentelle, très 18ème siècle - une poésie construite par des personnages de papier qui inventent sans cesse. Ce film d’animation de 1980 (Pixar n’était pas encore né, l’époque où l’histoire devait encore pallier au manque d’effets spéciaux), au montage simple mais chouette, un véritable îlot de plaisir et d’imagination entouré de films voués à la recherche de cette spécificité humaine à intellectualiser où l’ennui est parfois très bien représenté.
“Sidste Omgang” ; Thomas Vinterberg. Ok, encore un dépressif. Il a 30 ans, il est atteint d’une leucémie, il est condamné. Il dit au revoir à tous ses potes au Danemark. Il veut faire plaisir, il veut partir pour pouvoir mourrir dignement, pour que ses proches gardent un bon souvenir de lui, en forme, vivant. Ce qu’il va faire après dans ce pays imaginaire, il ne le sait pas encore ; trouver un endroit où mourrir. Dépressif, mais bien dans son genre… bon jeu d’acteur
“Pitstop” ; Melanie McGraw. Une petite fille dans ses treize ans, oubliée le temps d’un court-métrage à une station service en plein milieu du Texas désertique (pourrait être le New Mexico ou l’Utah). Son appareil photo dicte, il ne “clicque” que pour ce qui le “mérite” - un début de recherche de la définition de la beauté ; un robinet, un mur, un vase, une dame seule et accueillante, non. Cruauté extrême, non, elle ne fera pas partie de la mémoire, des images de l’innocence. Sa mère, oui. Beau. Belle métaphore…
“Auf der strecke” ; Reto Caffi. Univers encore très lent, univers réel, sans enjolivage. Acteur de talent. Légèrement dépressif. On parle encore d’une relation autour d’une mort, d’un choix cornélien, d’une tragédie à la grecque… un agent de la sécurité tombe obsessivement amoureux d’une employée du super-marché qu’il surveille, via ses caméras. Jaloux, l’ayant vu accompagnée d’un homme, il laisse celui-ci se faire agresser par une bande de jeunes (ils prenaient le même train). Il s’avère qu’il décèdera. Il s’avère que c’était le petit frère de son égérie… Et voilà, bonjour les remords… d’autant plus qu’elle se rapproche maintenant de lui. Lui dire, elle me déteste. Ne pas lui dire, je me déteste…
Mes 2 préférés : “Les 3 inventeurs” & “Pitstop” : c’est frais, c’est joli, c’est nouveau, c’est poétique, c’est imaginatif, et ça casse cette atmosphère lourde propice à une consommation exagérée de Valium à la fin de chaque séance.
6 court-métrages par séance, c’est pas évident (il faut le temps de digérer chaque univers…) - néanmoins, je conseille d’y aller jeter un coup d’oeil… jusqu’au 6 mai… (lien pour l’événement)

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