Obama des Etats-Unis, impulsion africaine, apologie de la mixité

En début de matinée, lors d’un bonjour quotidien, au travail, Justin, camerounais, un géant aux mains surdimensionnées, carrure imposante, double Master en droit, mais camerounais, sans passeport ou nationalité européenne ; “…oui ça va très bien, Barrack Obama a gagné, le boulot est assez rébarbatif, mais là aujourd’hui j’ai la patate, je suis super content pour les afro-américains… !”

Ma réponse fut assez maladroite, “non, il n’est pas noir, il est mixte”… automatisme tel une mitraillette, que j’assène depuis quelques mois, à toutes remarques de ce style - car généralement “pour les noirs, il est blanc,… et pour les blancs, il est noir”… je vous conseille un de mes (excellents:-) billets à ce sujet (mixed people, “multi-racial” and mixed perception), si vous êtes intéressés par cette matière. Bref, je me suis rattrapé, en reconnaissant l’identité africaine de ce futur dirigeant, et non afro-américaine (car il ne descend pas d’esclaves noirs, son père étant kenyan) etc.

4 heures après, je me suis rendu compte d’un point primordial ; l’image africaine, de l’identité noire africaine, de la couleur de peau noire risque de fameusement évoluer ! Le racisme, les préjugés, même si latents, existent (ne nous voilons pas la face). Le fait que l’homme le plus puissant du monde soit noir (même s’il ne l’est qu’à moitié, ce fait-là d’ailleurs n’est pas réellement important car il est perçu par la communauté mondiale comme étant “noire” avant tout), montre un tournant clair dans l’histoire de perceptions des peuples. Auparavant perçu dans l’imaginaire collectif comme étant soit esclave, homme-singe, ambassadeur friqué, tyran à la Charles Taylor, basketteur, footballeur, sprinteur, chanteur de hip-hop, clandestin / boat people, on a maintenant, mesdames et messieurs, un homme de grande qualité qui a atteint le sommet du pouvoir, et qui est noir.
Je suis personnellement heureux de cet événement, heureux. J’espère de tout coeur qu’il tiendra, et qu’il n’y aura pas un demeuré fasciste qui fasse de conneries. Bravo les USA, vous avez enfin fait un choix raisonnable, votre image de marque risque de fameusement évoluer (surtout avec la présente administration avec sa vision du monde). La première démocratie du monde (qui a fait, et qui fait toujours, pas mal de conneries), avec le premier président occidental d’une origine ethnique différente de la majeure partie de sa population… bravo. L’histoire a changé.

L’autre point qui me rend fier, c’est la taille des files pour voter - bravo. Le vote aux USA n’est pas obligatoire, les gens ont attendu parfois jusqu’à 3, 4 heures pour voter - un acte de citoyen qui me confirme dans mon opinion contre le vote obligatoire en Belgique. Barack Obama a de la légitimité (et vice-versa si Mc Cain avait gagné) - les électeurs se sont investis. Chapeau bas étasuniens ! Voyons maintenant comment va se passer cette année 2009…

Posted on by tornado
Filed under: FRANCAIS, expériences interculturelles, immigration | 4 Comments »

Nouvelle carte de la Belgique-2

bosnie-belgique carteToujours dans cette lignée de compréhension de notre “conflit”… la transposition ci-dessous me dérange plus que la précédente que j’ai faite avec Israel et la “Palestine” en Janvier 2007.

Ca fait réfléchir… le seul lien que je vois c’est le fait que la Belgique a aussi été le champs de bataille de ses voisins. Sarajevo était aussi un bastion stratégique. D’un point de vue linguistique, chacun peut facilement se comprendre (les langues sont fort proches l’une de l’autre - avec une tendance politique aujourd’hui de chaque communauté de les différencier de plus en plus).

On a de la chance de vivre dans un pays aussi stable que le nôtre,… où l’aspect belliqueux inter-communautaire d’un point de vue physique y est pratiquement inexistant… aujourd’hui, après tant d’années de guerre civile, ce pays est aussi pauvre que le Swaziland en terme de PNB/habitant. Un argument de taille que l’on semble avoir intégré ici en Belgique…

bosnie flandre wallonie upside-down Quelle version préfériez-vous ? Tout dépendra évidemment de votre point de vue… les 2 cartes peuvent fonctionner…

, , , , , , , , , , , ,
Posted on by Brigitte
Filed under: FRANCAIS, expériences interculturelles, immigration, guerre, visions communautaires | 2 Comments »

ma grand-mère et mon XXIème siècle

85 ans, recroquevillée, toujours coiffée - son coiffeur, c’est son laisser-passer pour faire ses courses au super-marché, aller à la messe, avoir 10 minutes de conversation, rendre visite à son médecin, son dentiste, se trouver une maladie, téléphoner aux heures de repas. Beaucoup d’activités,…

Issue de la bourgeoisie londonienne, fille d’immigré italien - “chausseur-styliste” de talent, et d’une française lunatique de la région de Blois, elle s’est vite rendu compte du revers capricieux de la vie, de la guerre 40-45. Biens saisis durant la guerre - être italien en Angleterre à cette époque, était définitivement dérangeant. Et puis trop dérangeant finalement, Arandora Star - épisode honteux révélé par l’Angleterre, 50 ans après, après prescription bien sûr (les anglais restent des anglais.). Certaines personnes disent que le bateau avait sciemment été dirigé vers les mines sous-marines. Cela ne m’étonnerait pas.
arandora star

Le travail, notion intéressante au départ, elle en comprit les joies très rapidement. A 18 ans, on a parfois d’autres aspirations… la guerre aidant, une certaine industrie manquait de main d’oeuvre. En tant qu’infirmière, elle connut mon grand-père, cartographe à ce moment pour la RAF, militaire de carrière ayant fui la Belgique occupée, fugitif d’un camp aux mains de Franco, l’ami d’Hitler.
Sa mère fut aussi dérangeante, cacher des pilotes d’Angleterre n’était pas bien vu de l’occupant, Ravensbrück - épisode qui n’a pas besoin d’être étayé.

Ils se sont plus. A la fin de la guerre, elle a décidé de quitter cette Londres ouverte d’esprit quand il s’agit de commerce. Souvenir d’école, dans la récré, où la minorité catholique était isolée par cette majorité anglicane. Heureusement qu’il y avait la minorité juive plus importante, qui n’avait pas de problème à jouer avec une “macaroni”. Israël, ses Kibboutz, encore un autre souvenir, encore une autre ferveur. Non, elle n’est pas italienne, elle est britannique - je ne comprends pas.

ravensbrück

Ils sont partis en Belgique, la cendre encore chaude des ruines de Berlin, les anciens collabos avaient réussi leur reconversion en héros de la nation, tout était à reconstruire.
Biens personnels saisis aussi,… par ses cousins proches et moins proches. La famille, une notion bien étrange en ces temps-là. Je ne connais pas vraiment les détails des arrangements, mais passer d’un château à un appartement me semble une affaire “rondement” menée. C’est vrai, je n’étais pas là.

Ma mère est née, et puis mon oncle, ma tante. Des caractères très différents, une éducation très particulière où ils devaient manger la croûte de pain, alors que les domestiques siciliennnes de l’époque se régalaient du reste. Dans les camps de concentration, cette croûte était un privilège. Education militaire, d’après guerre.

1982, Tibet, après un voyage d’affaire dans la région (recherche de nouveaux fournisseurs (et oui, ils tenaient un magasin d’import-export à Bruxelles)), rencontres, discussions, le Tibet était déjà sous occupation chinoise à l’époque. Les gens ne parlaient pas, des sujets de conversation étaient tabous. A l’époque, il était interdit d’importer des écrits subversifs dans l’empire du milieu - une bible faisait office de ticket d’entrée pour le monde des prisonniers politiques. Ma grand-mère est très croyante. Ma grand-mère est pro-chinoise. Ma grand-mère est pro-tibétaine.

“Aujourd’hui, en 40-45, avons nous inutilement versé du sang ? Comment se fait-il que l’on soit si frileux pour ne pas publiquement condamner ce qui se passe au Tibet ? Comment se fait-il que l’on n’ait pas encore compris que les intérêts économiques doivent avant tout servir aux valeurs fondamentales de la race humaine ?”

“Mieux vaut être pauvre et intègre, plutôt que riche et paumé”… pourquoi pas, même si aujourd’hui la richesse a acquis le statut de valeur… un miroir aux alouettes ?

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Posted on by gio
Filed under: FRANCAIS, expériences interculturelles, immigration, guerre, religion | No Comments »

Cette soif de chaos multiculturel… (2)

(soif de chaos multiculturel… (1))

Lendemains au Laos, veille d’enterrement de vie de garçon d’un serbe, lourd dde whisky bon marché à Bangkok, endroit glauque, côté mâle serbe au grand complet, c’est peut-être culturel… 6 heures du mat’, 50 Serbes avec leurs drapeaux, Serbes vivant des 4 coins du monde, de l’Afrique du Sud à l’Australie, de la Serbie à la Californie, 50 se retrouvant dans un pays aussi développé que le leur, de la musique serbe imposée dans tous les restaurants (un DJ dans le groupe (un ipod avec des baffles portatifs)), de la danse parfois laotienne, mais surtout serbe, du karaoke la veille du mariage (tout le monde devait chanter ; les champs Elysées pour ma part), une actrice serbe qui dansait magnifiquement, une histoire serbe au Laos, tous derrière l’écran acclamant Stojkovitch après sa victoire, des invités de Chine travaillant à mon sens pour le gouvernement, un autrichien de Shanghai qui a complètement perdu le sens des relations homme-femme, qui a perdu tout sens de fidélité, de respect, qui s’est perdu dans cet univers où les femmes sont toutes plus tentatrices que les autres, un repas pour 1000 personnes assises - Johny Walker Golden label, de la danse, pas mal de tête les lendemains…

le retour vers Roissy, Irak du Sud au Nord, étendue de sable, canicule, Baghdad, pas un nuage, midi, 4 colonnes de fumées noires qui se dissipaient à 10 000 mètres d’altitude, les ais-je bien compté ?

Genève, avec un ami de Paris, environnement Croix-rouge, elles avaient toutes voyagé. Sierra Leone, Bosnie, Darfour, Palestine, Liban, Congo, leurs yeux sans étincelle, malice en disaient long. Je comprends maintenant pourquoi les salaires au CICR sont si élevés. Aller dans les prisons, brandir les conventions internationales, forcer le passage, sans armes, parler avec les prisonniers, tenir des listes, les tortures, les disparus, qui, quoi, lourd - Henri Dunant, bravo, et dire que tu étais un banquier, noyé de fric, que tu voulais voir l’empereur pour lui acheter/ vendre je ne sais quoi, tu as vu l’horreur de l’après Solférino, tu n’as pas supporté, tu as créé ce mouvement, tu es mort dans la pauvreté,… l’humanité te doit une fière chandelle. Ami lecteur, si tu passes par Génève, visite le musée du CICR, ça en vaut la peine.

Toutes des histoires qui méritent d’être creusées un peu plus,… mais dans lesquelles je me sens battre, une folie en quelque sorte, mais qui inspire. Le problème, c’est qu’après il en faut encore plus.
Plus.
Ce sont les mélanges, la mixité qui rend la vie intéressante, en avoir peur ce serait de se réduire à un village de rednecks dans l’Arkansas “you speak another language than English, you don’t like America ? You don’t like Baseball or Basketball, you don’t like America ? You are weird, go away or I’ll beat you…” ; rêve de tout marketeer, une campagne, un maximum d’efficacité… mon lit Ikea, mon scooter japonais, mon envie rebelle de soif multiculturelle (mais je regarderai pas les films d’Arte pour autant… quoique…)

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Posted on by tornado
Filed under: FRANCAIS, expériences interculturelles, immigration, guerre, sociétés, populations, tendances, voyages | No Comments »

Cette soif de chaos multiculturel…

… se réveiller dans une pièce agencée selon le feng shui, avec de la musique de Lully, descendre de son lit de marque suédoise, mettre ses pantouffles fabriquées en Chine, ne pas prendre de douche, mettre des chaussures italiennes (fabriquée en Italie?), une chemise de marque allemande, française (de toute façon fabriquée au Maghreb ou Bangladesh), manger des flocons d’avoine américains, se décider pour une douche quand même, prendre son scooter japonais, mettre de l’essence importée du Nigéria, arriver au boulot, pas trop tard pour le meeting avec le Japon, commander soit une pitta, une pizza, ou un sandwich pour midi, le français ?, préparer ses vacances, acheter un billet d’avion pas cher sur internet, partir avec Kuwait airlines pour Bangkok, escale à Koweit, aéroport enfumé malgré les nombreuses interdictions visibles, se faire allumer une cigarette par un douanier dans une salle d’attente, se retrouver dans un avion rempli de philippins exténués le sourire au lèvre pour les vacances, rigoler ; les pilotes arabes ont de ces bonnes barbes… (pas besoin de hijaker quoi que ce soit), ambiance très bon marché, avec cette voix qui berse les versets du Prophète dans les écouteurs… et puis il y avait ce groupe masculin de jeunes (20 ans), fiers et fragiles, en djelaba, originaire d’une banlieue parisienne (l’accent et la basket Nike aux pieds) et 2 guides spirituels de la quarantaine, direction Yemen - atmosphère de prière et de respect. Je me sens incomfortable néanmoins…

Koh Samed (île pourie, n’y allez que si vous n’avez que 2 jours de plage et pas envie de prendre l’avion), soirée sur la plage, une israélienne et trois thai m’embarquent dans une soirée, un écossais plutôt lourd (23 ans) qui a passé son temps à Pattaya s’incruste, au programme soirée au Narguilé et Heineken, discussion à propos de Tommy - le barman thaï plus loin ; toutes les femmes en ont peur, s’en méfient - j’avais eu un écho similaire la veille. Dans les îles très touristiques en Thailande, 2 styles de personnes à se méfier : les backpackers / routards étrangers/ européens et la “jeunesse locale” lié au monde touristique.
Club avec de la musique techno thai et pop commerciale globale (Britney et Justin font partie de la mémoire collective mondiale!). 2 transexuels (ladyboys) et une obèse (détail important, car en Thailande, c’est très rare) se joignent au groupe; pas de préjugé, sourire extatique, du pur bonheur face à cette diversité, sentiment de plongeon dans la diversité feminine globale. Rien que pour moi :-)

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Posted on by tornado
Filed under: FRANCAIS, expériences interculturelles, immigration, guerre, religion, sociétés, populations, tendances, voyages | 1 Comment »

La Belgique tragicomimagique

Toujours dans ce même thème de “Belgique” et de séparatisme, ci-dessous un truc pas mal du tout qui reprend beaucoup de thèmes chers aux belges (la dérision, l’humour, la nostalgie, les frites,…). Une (belle) chanson drôle, intelligente et sans nationalisme déplacé des “Tupperwavre“, qui mérite d’être connue et reconnue…

D’autres articles sur le thème wallonie Bruxelles Flandre

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Posted on by Brigitte
Filed under: FRANCAIS, expériences interculturelles, immigration, sociétés, populations, tendances, un peu humour, c'est pour rire... (vraiment?), visions communautaires | 4 Comments »

“Nonante & quatre-vingt dix” politik

Cela fait depuis pratiquement un mois que j’ai arrêté d’écrire… désolé pour mes lecteurs assidus, désolé. La raison est que je me suis engagé dans une voie temporaire où le cash-flow est plus certain (ndlr: un intérim avec un salaire). Ma vocation est toujours présente néanmoins, dans un maëlstrom culturel qui me calme.

Manneken Pis

Dans un contexte difficile de politique belge (BHV, gouvernement?, velléités séparatistes), voici ci-dessous ma journée type (vendredi) à Bruxelles :

7.35 : réveil GSM sonne, casual Friday, chouette je vais pouvoir mettre un jeans
8.35 : m***e, je n’aurai pas dû prendre ce café, maintenant j’ai raté ce p****n de métro
8.48 : enfin le voilà, oui je serai en retard de quelques minutes
9.00 : on va prendre le chemin par l’hôpital cette fois
9.10 : “Good Morning”, “Goei Dag”, “Bonjour” sur le chemin de mon PC. Open space, j’aime bien. J’aime m’exprimer en plusieurs langues - cela va faire un mois que je travaille et franchement j’ai fait des progrès en flamand. Je suis vraiment content ; j’ai l’impression qu’ils aiment bien d’avoir un francophone qui fait l’effort. Quelques remarques sur mon nom néanmoins :”pourquoi es-tu francophone (ou “Wallon”, tout le monde fait la faute ; “Wallon” fait référence à une région, “francophone” à une appartenance linguistique) alors que tu portes un nom flamand ?”.
Difficile à expliquer… mais c’est comme ça : en Flandre, il existe une minorité francophone de plus en plus “apatride” qui s’éteint à vue d’oeil. Dans certains pays on aurait envoyé l’UN.
10.30 : meeting
11.30 : un autre meeting, conference call avec l’Espagne et les US. in English obviously. Friture sur la ligne. Fort accents. Blabla habituel où tout le monde doit répéter ce que l’autre a dit, mais en d’autres mots. Perte de temps… je souris, j’espère trouver suffisament de contenu pour dépasser 10 lignes de “Minute Report”.
13.00 : la tête comme un pot. Sandwich. Un “Martino” (filet américain avec du tabasco et autres piments)… immersion en flamand cette fois. Les bruxellois de la périphérie, je les comprends. Les Courtraisiens, faudrait qu’ils apprennent à parler correctement (mais je m’y fais).
14.30 : “Humbert, mijn vlookup lukt niet, kan je mij helpen ?”
- “pas de problèmes Tanguy”
- “waarom lukt het niet?”
- “mmmh, je sais pas trop”
- “ah là tu dois mettre “quatre-vingt dix” dans cette cellule”
- “nonante tu veux dire… (souriant)”
- “non “nonante”, c’est du wallon, pas du français”
J’évite le débat, et je continue en flamand; la prochaine fois, je continuerai en hollandais avec des expressions hollandaises, je serais curieux de sa réaction. N’empêche, je l’aime bien Bert, il n’est pas méchant,.. il est juste un peu jeune.
16.00 : Fatima, ma voisine dans le box d’à côté lâche un juron. L’arabe parfois est très expressif. Tunisienne d’origine, elle revendique son côté flamand. Flamande, elle revendique son côté tunisien. Elle n’est pas heureuse ce boulot. Faut dire que ce boulot, à part la satisfaction de son compte en banque qui reprend des niveaux corrects, il faut la trouver cette motivation. Elle va toujours fumer toutes les demi-heures avec Hassan, un berbère d’origine, flamand aussi, mais lui, il ne parle pas d’autres langues…
17.30 : Conférence de New-York. Tout le monde est prié d’assister aux explications de lancement d’un produit quelconque. Conference call avec projection powerpoint. Ambiance candide outre-Atlantique. Tous les directeurs se sentent obligés de poser une question, ou de faire des remarques positives. “Thank you very much Miss … (une directrice haut placée quelque part) for this presentation, this product is awesome ! And here in Denver, we are SO excited to know more and to sell it ! (suivi d’un bruit d’applaudissement du public de leur salle). Rires moqueurs “ah ces ricains” dans notre salle - le micro était coupé, heureusement.
19.00 : cassos
20.00 : Entrainement de Rugby. Equipe d’expat (anglophone de pays anglophones pour la plupart). Encore des flamands de la périphérie. Je leur parle en flamand, ils switchent en français. Je suis certain qu’ils aiment quand on fait l’effort. En tant que francophone de Bruxelles, je me fais un point d’honneur de tenter de leur virer de la tête ce stéréotype comme quoi le wallon / francophone vit du chômage, et est quelqu’un de parresseux. Cela semble bien ancré.
23.00 : ma voiture tombe en panne. Service dépannage après 3 heures arrive. La courroie est pétée. Ali, francophone, le dépanneur, tout fier de son job ; “je suis dehors toute la journée”. Schaerbeek, c’est multiculturel , c’est vivant comme quartier, c’est là qu’il faut vivre. Conversation en arabe avec un collègue dépanneur; j’ai ma voiture de remplacement dans la demi-heure.
24.00 : le vieux pote Marek et ses collègues tchèques. Fête dans un pub irlandais, petit concert gratuit d’hollandais quinca qui adorent Bruxelles. Vieux tubes anglophones. Tout le monde connaît finalement ces chansons. direction ensuite boîte du Conrad. Ambiance Commission ; un ilôt tampon dans des sphères irréelles qui a aussi ses problèmes.
3.00 : dodo. demain c’est samedi. Demain, c’est la famille.

Autres billets dans cette thématique belgo-wallonie-flamande.

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Posted on by Brigitte
Filed under: FRANCAIS, expériences interculturelles, immigration, sociétés, populations, tendances, visions communautaires | 4 Comments »

Persepolis, une histoire d’Iran et de “libertés”

Persepolis, “ville Perse”, une des plus anciennes civilisations, berceau de l’histoire, passage obligé Est-Ouest, balloté de régimes en régimes, maintenant dans une ère qui l’étouffe, une ère dirigée par des terroristes, une ère de terreur où tout autre livre que l’Unique est un crime, où l’interprétation autre qu’”officielle” est considérée comme blasphème (lire “one book and the loss of mankind“).

Ce long métrage d’animation (prix à Cannes 2007) m’a ravivé pas mal de souvenirs, beaucoup de personnes. Des profils de femmes que j’avais rencontrés lors de ma vie en Asie : belles, raffinées, intelligentes,… et sans voile.

S., issue d’une province autonome, championne nationale d’arts martiaux, ingénieur civil. Rien que d’y penser, les émotions me submergent - elle fait maintenant un doctorat quelque part en Europe. Reviendra-t-elle au pays ?

R., née en France, d’une famille illustre d’antan qui avait prévu des bagages d’une semaine. Semaines qui se sont allongées, pour devenir des mois, des années,… une vie. Avocate brillante.

marble palace

Ce court-métrage animé en noir et blanc, avec un casting sur mesure, neuf, original, pur. Employant le langage de l’innocence - un “dessin-animé”, c’est pour les enfants… ôtant toute dimension marketing, publicitaire de ces acteurs aux pensées idéologiques douteuses et aux cachets honteux. Ce noir et blanc pour le côté incisif ; des couleurs minimalistes et cannibales des tchadors et de la peau cachée du soleil. Le rose a été absorbé. La mise en scène et le style isolent l’histoire dans son essence, où l’humour fait figure de sel sur ces blessures béantes tailladées par les coups de fouet réguliers du film.

Une vie à travers les différents “Irans”, les différentes périodes de l’Iran. Le message est clair, sans fioritures, ni explosions hollywoodiennes. La suggestion y est très sincère et humaine… un ton politiquement (humainement) orienté, qui présentait une opinion très claire sur le shah, la révolution, la transition, Les bombes, l’Irak, le lycée français de Vienne, les conseils de la Révolution, les polices de la vertu, les supermarchés vides, la traque, la terreur, l’obscurantisme, le changement, la résistance, l’exil, la femme, la reconstruction à l’étranger, l’héritage et mémoire culturelle, l’oubli de ses origines, l’oubli des générations, l’instinct de survie, refaire sa vie, l’assimilation, la rage de vaincre, la rage de vivre.

L’héritage culturel, intellectuel, de savoir-être, savoir-faire, sont certainement les raisons pour lesquelles ces apatrides survivent, vivent, voire revivent. Ils sont devenus les gardiens de la mémoire, de leurs héritages “effacés” avec force au pays. Ayant le devoir et l’obligation de transmettre ce passé, ne pas “réussir” est impensable.

Vivant à ce jour l’expérience démocratique, ils accommoderont le système dégénérant, lui apporteront modernité, mais lui rendront sa mémoire et son histoire… aussi sanglante et/ou raffinée qu’elle puisse avoir été, car un pays sans Histoire n’est plus que terre impersonnelle sans ordre, ni foi, ni loi. Probablement le but des réalisateurs de Persepolis (Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud).

Autres articles (sur l’Iran) : les foulards de couleur, what the world is looking for, 300

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Posted on by tanguy
Filed under: FRANCAIS, culture, littérature, art, expériences interculturelles, immigration, guerre, religion, sociétés, populations, tendances, un peu humour, c'est pour rire... (vraiment?) | No Comments »
continue: Next